Plusieurs pays annoncent vouloir rapatrier leurs ressortissants vivant en Afrique du Sud!

Le Malawi a annoncé son intention de rapatrier ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, à la suite des violences xénophobes dans le pays. Le premier groupe d’évacués devrait rentrer au Malawi ce week-end.

D’après la presse sudafricaine, l’ambassade de Somalie a indiqué être en train de localiser ses citoyens pour les aider à échapper à la violence. Le pays aurait demandé l’assistance du Département des Relations Internationales et de la Coopération.

La police a reçu l’ordre d’accentuer ses efforts pour protéger les étrangers

Au moins 5 étrangers, dont un adolescent de 14 ans, ont été tués dans la ville de Durban depuis la semaine dernière. Dans la plus grande ville, Johannesbourg, de nombreux magasins tenus par des étrangers ont fermé, par crainte que les violences ne s’étendent. Le Zimbabwe a également condamné ces attaques, commises par des Sudafricains qui accusent les étrangers de leur voler leur travail.

Le gouvernement de Prétoria a ordonné à la police de protéger les étrangers. Plusieurs milliers d’Africains sont désormais dans un camp de réfugiés à Durban. Ils ont fui les attaques. Mercredi, la violence a atteint la deuxième ville de la province, Pietermaritzburg, où des boutiques tenues par des étrangers ont été pillées.

Ce n’est pas la première fois que ce genre de violences ont lieu en Afrique du Sud. En 2008, 62 personnes avaient perdu la vie dans des attaques similaires.

Josaphate Ciza fait partie des victimes. Comme plus d’un millier d’immigrants attaqués depuis deux semaines à Durban, elle n’a plus rien, ni toit ni avenir. Avant les attaques, cette Congolaise se débrouillait en faisant du « salon coiffure », gagnant de quoi louer une chambre.

« Il y a des gens qui sont venus avec des bâtons et des couteaux », raconte-t-elle au camp d’Isipingo où la fondation musulmane Al-Imdaad assiste plus de 300 étrangers pourchassés, tous Africains. Secourue par la police sud-africaine, Josaphate Ciza a passé trois jours au commissariat avec de nombreux compatriotes congolais avant d’être amenée au camp.

« J’ai fui la guerre et je me retrouve encore dans la guerre », ajoute cette femme de 29 ans, arrivée de Bukavu (République démocratique du Congo) en mars 2014, un gros poupon de six mois dans les bras. L’enfant tousse beaucoup et elle s’inquiète. Son logement est déjà reloué par le propriétaire : « Ici, j’avais mon frère. Il est réparateur frigoriste mais on lui a tout pillé et je me demande comment je vais vivre. »

Sur place, au camp d’Isipingo, beaucoup d’interlocuteurs zoulous répètent aux journalistes étrangers que « ce n’est pas de la xénophobie », et préfèrent parler de simples « affrontements entre noirs » dans une province qui a connu une quasi-guerre civile attisée par le pouvoir blanc au début des années 1990, alors que l’apartheid s’effondrait.

« En partie, c’est de la jalousie »

En 2008, il y avait eu 62 morts, dont une vingtaine de Sud-Africains pris dans les violences, et des dizaines de milliers de déplacés. « Il n’y a pas juste une seule raison à ça. En partie, c’est la haine de l’étranger, surtout Africain. En partie c’est de la jalousie », croit savoir Ali Abdi, un vendeur de vêtements somalien de 38 ans, venu s’approvisionner chez un grossiste du centre-ville. Contrairement à Josaphate, il habite l’Afrique du Sud depuis 1996 et a un permis de résidence en règle.

« J’étais en train de réparer des téléphones dans mon shop », raconte Roger Kitondika, un autre Congolais, en montrant un magasin du centre au rideau baissé. « Ils sont venus avec des armes, des machettes, des couteaux », ajoute-t-il en dénonçant l’inaction de la police.
Fondé ou non, ce sentiment que la police locale laisse faire alimente la colère, voire l’esprit de vengeance.

L’Afrique du Sud, pays le plus industrialisé du continent, fait figure d’eldorado ou de refuge aux yeux de nombreux immigrants africains. Pourtant, la pauvreté reste endémique, le chômage chronique et les frustrations énormes parmi la majorité noire, systématiquement brimée par la minorité blanche jusqu’en 1994.

Les attaques xénophobes actuelles ont démarré après les propos du roi zoulou Goodwill Zwelithini – la plus haute autorité traditionnelle de la province du Kwazulu Natal – appelant les étrangers à faire leurs bagages et rentrer chez eux.

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