Les expulsés de Brazzaville continuent de broyer du noir à Kinshasa

Abandonnés à leur triste sort. Le Calvaire des nos compatriotes expulsés du Congo Brazzaville continue devant le stade cardinal Malula où ils sont abandonnés à leur triste sort, passant la nuit à la belle étoile comme des condamnés. Ces compatriotes sont devenus la représentation de la grande misère kinoise caractérisée par la mendicité, les vols et la prostitution.

Expulsés de l’autre rive du fleuve en août 2014, ces Congolais avaient été déclarés » personna non grata » par les autorités de Brazzaville. Accueillis à Kinshasa, ils ont été installés à l’intérieur du stade Malula et dans l’enceinte de la maison communale de Kinshasa.

N’étant pas en mesure de les gérer en plein centre ville, l’Etat congolais a ensuite acheminé ces expulsés dans la commune de Maluku comme centre de transit avant leur réintégration sociale. Cette réintégration n’a pas été possible pour la plupart des compatriotes dont certains se sont retrouvés sans liens sociaux à Kinshasa et partout dans le pays.

Pendant ce temps, on a assisté à un défilé d’aides et d’assistance en denrées de première nécessité de la part de l’Etat, des ONG et des personnes dites de bonne volonté à cette première vague des expulsés en donnant entre autres, riz, sucre, savons, vêtements.

Grâce à l’implication de certains gouverneurs de provinces, notamment ceux du Bas-Congo, de la Province Orientale, de l’Equateur, quelques refoulés ont pu regagner leurs milieux d’origine, tandis que d’autres continuaient d’attendre une hypothétique réintégration à Maluku.

Lassés d’attendre une aide de l’Etat qui ne venait plus, ces expulsés se sont décidés de revenir au centre ville et d’installer leur campement autour du stade Cardinal Mulula, précisément le long de l’avenue Kabambare, en face de la maison communale de Kinshasa.

Ces personnes vulnérables seront ensuite rejointes par une autre vague d’expulsés venus principalement de la ville partenaire de Pointe-Noire.

Depuis plus de 7 mois, ces compatriotes chassés du Congo d’en face vivent dans des conditions très précaires. Une centaine de famille vivent sous des petites tentes de fortune, entassées comme des sardines, se partageant la petite surface située devant le stade Malula, sans bénéficier de la moindre assistance des autorités, ni des ONG.

Parmi eux, on trouve des parents sans ressources, des femmes inconsolables, des enfants malnutris qui passent des journées entières à mendier pour subvenir aux besoins alimentaires de la famille. Pendant que d’autres enfants comme eux sont sur le banc de l’école.

L’Etat Interpellé

Si rien n’est fait pour améliorer le sort de ces familles abandonnées, il faut craindre après des années que ces enfants terminent leur vie dans la rue et sans instruction ; ce qui pourrait les rendre inutiles à la société et les contraindre à des pratiques telles que le banditisme urbain (Kuluna), la délinquance et autres maux. Ils seront mal aimés dans la société, pourchassés par la police dans des opérations telle que » Likofi « .

Pour se protéger, ces enfants risquent de retourner à Brazzaville pour se réfugier, s’exposant ainsi à de nouvelles humiliations.

Une telle injustice sociale en plein 21ème siècle doit interpeller les dirigeants de la RDC dont il faut une implication rapide, afin que ces compatriotes démunis et exposés à toutes sortes d’intempéries soient pris en charge par l’Etat et retrouvent le sourire et la dignité.

Par Osée Manzanza Kitoko

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