Xénophobie en Afrique du Sud: le silence assourdissant de Kinshasa!

En Afrique du Sud, la communauté congolaise s’inquiète pour la sécurité de ses ressortissants dans le pays. Le 18 mards dernier,  un homme originaire de la République démocratique du Congo a été brûlé vif dans la ville de Durban. La situation est encore tendue dans certains quartiers de Durban ce matin. Plusieurs organisations non gouvernementales congolais sont monté au crénau pour dénoncer ces actes, alors que le gouvernement congolais, lui, reste étrangement silencieux.

Un calme précaire règne dans certains quartiers de Durban. Ce mercredi matin, la police avait complètement bouclé un quartier du centre de la ville à forte population étrangère. Il n’y a pas eu d’incidents, mais la tension était très élevée. Plus d’une centaine de commerçants pakistanais, nigériens et congolais se sont rassemblés, visiblement prêts à affronter d’éventuels pilleurs.

Il y avait eu mardi des tentatives de pillages dans le centre-ville. Une confrontation avait été évitée de justesse. Il y a une légère accalmie par rapport à la semaine dernière. Depuis plusieurs jours, les autorités lancent des appels au calme et demandent aux Sud-Africains de ne pas se faire justice eux-mêmes.

La situation est créée, selon la Ligue contre la corruption et la fraude, (Licof), par une déclaration incendiaire du chef coutumier de la tribu des Zoulous, dont les sujets tabassent des Africains originaires d’autres Etats, saccagent leurs propriétés, et surtout le petit commerce.

Dans un communiqué signé le 11 avril, la Ligue contre la corruption et la fraude, (Licof), a dénoncé « une impitoyable chasse à l’homme organisée une fois de plus par des Sud-africains, précisément dans la ville de Durban », visant les étrangers dont des Congolais.

Selon cette ONG, qui cite des radios périphériques, à la suite d’une déclaration incendiaire du chef coutumier de la tribu des Zoulous, autochtones de la province, ses sujets tabassent des Africains originaires d’autres Etats, saccagent leurs propriétés, et surtout le petit commerce. « On a encore déploré plusieurs morts par machettes, et d’autres brûlés vivants. Cette situation est pour le moins insupportable pour bien des étrangers africains qui ne savent ni se rendre au service, ni aller au marché s’approvisionner. Ce qui rend leurs conditions de vie totalement inhumaines, au grand mépris des normes internationales en matière d’immigration », est-il noté dans ce communiqué.

Du côté du gouvernement congolais, aucune réaction n’a filtré alors que la communauté congolaise à Durban est l’une des plus visées.

Chômage élevé et endémique

Si les propos du roi zoulou de la province, qui avait appelé les étrangers à rentrer chez eux, ont été le déclencheur de ces actes de vandalisme, les problèmes sont bien évidemment plus profonds.

Le taux de chômage en Afrique du Sud est de plus de 25%, le double chez les jeunes. Dans les townships, ces derniers n’ont pas d’avenir.

La présence de cette population étrangère, notamment des petits commerçants étrangers qui travaillent dans les townships, est mal vécue. Au départ, on soupçonne même qu’il y a une concurrence entre commerçants locaux et commerçants étrangers qui s’est envenimée. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à Soweto en février dernier : des habitants avaient attaqué et pillé des commerçants étrangers en disant qu’ils prenaient leur travail.

Agressés au magasin et à domicile

Mais à Durban, les choses vont beaucoup plus loin. On parle là-bas de véritables attaques xénophobes. La population locale accuse les étrangers d’être à l’origine de la criminalité et des problèmes de drogue dans le pays. On commence en outre à entendre parler d’attaques d’étrangers à leur domicile.

Beaucoup ont fui dans la banlieue sud de Durban où la municipalité a érigé quatre camps. Au camp d’Isipingo, il y avait environ 400 personnes, principalement des Congolais, Burundais, Tanzaniens. Certains sont là depuis plus d’une semaine, d’autres viennent tout juste d’arriver.

Nous y avons rencontré Tharcisse, un Congolais de 34 ans, propriétaire d’une boutique de produits de beauté. Il a été attaqué vendredi dernier à son magasin, sévèrement battu à coup de pierre et de bâton. Il porte aujourd’hui deux grosses cicatrices sur la tête, et demeure encore très choqué. Le motif de son agression était clair : ses agresseurs lui ont très clairement signifié qu’il ne voulait pas d’étrangers dans le quartier. Son magasin a alors été entièrement pillé.

Dans ce même campement, nous avons aussi rencontré plusieurs femmes, également Congolaises, avec leurs enfants. Elles ont été attaquées à leur domicile, le soir, par des groupes de gens hurlant : « les étrangers dehors, on ne veut plus de vous ».

Bilan humain incertain

Elles se sont enfuies en laissant tout derrière. Elles n’ont que les vêtements qu’elles portent sur elles. Au moins trois d’entre elles ont confirmé à RFI qu’elles étaient sans nouvelle de leurs maris.

Ce qui nous amène au bilan. La police parle de quatre morts. Il y en aurait vraisemblablement plus. Les autorités ont réellement pris la mesure du problème il y a quelques jours. Les ministres de l’Intérieur, de la Sécurité et du Renseignement et de la Police sont à Durban. Ils rencontraient ce mercredi soir les différentes associations de commerçants sud-africains.

Et plusieurs ambassadeurs de pays dont les ressortissants ont été des victimes sont également ici pour discuter avec les autorités locales. L’ambassadeur éthiopien a rencontré le roi zoulou dans la matinée. Il n’a pas voulu faire de commentaire, faisant simplement part de son inquiétude.


Des déplacés dans le camp d’Isipingo, dans le sud de Durban, le 15 avril 2015.Alexandra Brangeon / RFI

3 Commentaires

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  • On est mieux que chez soi. C’est cette raison que les congolais doivent se battre pour ne point perdre leur magnifique pays. On n’est chassé en Angola, Congo Bràza. Afrique du Sud. Prenons la cette histoire au sérieux
    Ôtez nga M’Boungou, Kasai tozanga mboka te

  • Le Président Mobutu a fais tout pour que Mandela sort de sa prison, il a rencontré à plusieurs reprises le Président Declerc, Mandela est sorti de la prison, premier pays de visite c’était le Zaïre, le 09septembre 1990, il a vu Mobutu pour le remercier de tous ce qu’il a fait, après ils ont eu l’indépendance, Mandela arrive à la tête de son pays tout le monde étaient content, aujourd’hui vous brulez un Congolais vif à Durban ça me fait mal, vous les Zoulus vous êtes sans tête, merci pour votre accueil.