Dans l’Est de la RDC, les FDLR refusent (presque) de combattre

Les rebelles hutus rwandais des FDLR fuyaient samedi matin l’offensive de l’armée congolaise dans les provinces des Nord et Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, mais des affrontements ont été signalés dans l’après-midi, a-t-on appris de sources militaires.

« Nous avançons vers les objectifs que notre hiérarchie nous avait recommandés », mais « l’ennemi ne combat pas », a déclaré à l’AFP un officier sur le front au Nord-Kivu. « Jusqu’où [vont-ils fuir]? C’est notre inquiétude. On risque de mettre beaucoup de temps pour mettre fin à ce mouvement, mais une chose est sûre, ils seront affaiblis », a-t-il estimé.

Au Sud-Kivu, l’armée pourchassait également des rebelles fuyant l’affrontement. « Actuellement, nous les poursuivons (…) dans le groupement de Burhinyi, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Bukavu (capitale du Sud-Kivu), où ils ont fui », a déclaré un officier.

Plus tard dans la journée, des combats ont opposé forces régulières et rebelles au Nord-Kivu. « Depuis le début de l’après-midi, il y a eu des combats entre FARDC (armée congolaise) et FDLR dans les villages qui sont près de Tongo », à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a déclaré à l’AFP un habitant de Tongo.

« Ce soir, je viens de voir l’ambulance des FARDC monter vers ces villages à toute vitesse, et elle vient de repartir avec des militaires blessés », a-t-il ajouté. Un officier sur le front a confirmé des combats. « Ca c’est bien passé, sans problème. Ils ont essayé de résister mais nous sommes les forces gouvernementales! », a-t-il affirmé, indiquant que les combats reprendraient dimanche. Il n’a pas voulu livrer de bilan.

L’armée a lancé mardi au Sud-Kivu et jeudi au Nord-Kivu son offensive très attendue contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont des chefs sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda (800.000 morts selon l’ONU).

Au Nord-Kivu, les opérations se déroulent dans le territoire de Rutshuru, frontalier du Rwanda et de l’Ouganda, et plus précisément dans le parc des Virunga, classé au patrimoine mondial de l’Unesco et repaire de plusieurs groupes armés. Vendredi, des combats ont aussi éclaté dans le territoire de Nyiragongo, frontalier de Goma.

Au Sud-Kivu, l’armée avait lancé son offensive dans la région de Mulenge, dans le sud de la province. Comme la situation y est « totalement sous contrôle », elle évolue désormais au nord de Mulenge, selon l’officier dans cette province.

Les rebelles – entre 1.500 et 2.000 hommes, très implantés dans la population locale – sont accusés de commettre de graves exactions contre les civils congolais (meurtres, viols, enrôlement d’enfants, pillages…) et de se livrer à de lucratifs trafics de bois et d’or.

La Mission de l’ONU (Monusco) avait promis un soutien logistique, stratégique et opérationnel à l’offensive de l’armée, mais elle l’a retiré quand Kinshasa a refusé de changer deux généraux chargés de piloter des attaques au Nord-Kivu, et que l’ONU soupçonne de graves violations des droits de l’Homme.

L’est de la RDC, riche en minerais précieux, est une région instable depuis vingt ans. Plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers s’y disputent ses richesses et commettent de graves exactions contre les civils.

AFP

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