Au moins 42 morts dans des manifestations en RDC

KINSHASA, 21 janvier (Reuters) – Au moins 42 personnes ont
été tuées depuis lundi en République démocratique du Congo (RDC)
lors de manifestations contre un projet de révision de la loi
électorale susceptible d’entraîner le report de l’élection
présidentielle de 2016, affirme mercredi la Fédération
internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
Le gouvernement de Kinshasa, pour sa part, fait état d’un
bilan de 15 morts, pour la plupart des pillards abattus par des
vigiles privés.
D’après Paul Nsapu, secrétaire général de la FIDH pour
l’Afrique, la majorité des victimes ont été tuées alors qu’elles
participaient aux manifestations politiques.

Les heurts se sont poursuivis mercredi pour le troisième
jour consécutif, la police tirant des grenades lacrymogènes afin
de disperser les manifestants rassemblés sur le campus de
l’université de Kinshasa et dans trois autres secteurs de la
capitale.

Dans le quartier central de Matete, un témoin a rapporté que
les forces de sécurité avaient tiré à balles réelles sur les
protestataires, qui ont érigé des barricades de pneus enflammés
et lancé des pierres sur les policiers.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a fait état
de onze morts mardi lors des violences et de quatre autres le
jour précédent. L’opposition parle d’au moins 13 morts lundi.
Lambert Mende a précisé que des vigiles privés avaient
abattu dix civils qui participaient mardi à des pillages et a
fait état d’un mort parmi les policiers.

« Nous n’avons constaté aucune manifestation près du
Parlement (…) Il s’agissait uniquement de pillage,
d’extorsion, de destruction et de vandalisme », a-t-il souligné.
La réforme proposée par le gouvernement prévoit un
recensement de la population avant l’élection présidentielle.
Pour l’opposition, il faudra des années pour mener à bien cette
opération, ce qui signifie donc un report du scrutin et le
maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Ce projet, approuvé samedi dernier par la Chambre basse du
Parlement, doit être présenté au Sénat jeudi.

Joseph Kabila est arrivé au pouvoir après l’assassinat de
son père en 2001. Il a remporté en 2006 et 2011 des élections
présidentielles très disputées. La Constitution lui interdit de
briguer un troisième mandat.

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