A Kinshasa, les protestations contre la nouvelle loi électorale continuent.

Mardi 20 janvier au matin, la police a tiré en l’air pour tenter de disperser des manifestants qui s’étaient rassemblés à Kinshasa. Dans le quartier Binza, dans l’ouest de la capitale, la circulation était perturbée par quelques feux de pneus et de bois allumés sur la chaussée, mais il n’y avait pas de manifestants à proximité. Ailleurs dans la ville, la vie semblait reprendre doucement un cours à peu près normal.

Quatre personnes au moins, dont deux policiers, ont été tuées lundi à Kinshasa, selon un bilan gouvernemental. Mais selon l’opposition et des sources diplomatiques, le nombre de morts pourrait être bien plus élevé. Les violences ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo, où plusieurs pillages ont également été commis, alors qu’un collectif d’opposants avait appelé la population de la ville à « occuper massivement le Parlement », pour protester contre le projet de loi électorale en cours d’examen.

Les opérateurs Internet  ont reçu l’ordre de couper l’accès à Internet dans la capitale Kinshasa. Les communications SMS et l’accès à Internet en 3G étaient déjà coupés ce matin, ont constaté des journalistes sur place.

Jean-Claude Muyambo, président du parti politique Solidarité congolaise pour le développement (Scode), a été interpellé par la police mardi 20 janvier à son domicile, a indiqué à Radio Okapi Me Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj).

Jean-Claude Muyambo qui avait aussi appelé la population de Kinshasa à manifester lundi contre la loi électorale n’a pas été interpellé pour cette raison, a réagi pour sa part le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Acaj considère que l’interpellation de Jean-Claude Muyambo équivaut à un enlèvement.
Ancien ministre des Affaires humanitaires, le bâtonnier Muyambo a récemment claqué la porte de la Majorité présidentielle.
Le gouvernement a reconnu que le texte risquait d’entraîner un report de la présidentielle de 2016 ; ce qui permettrait à M. Kabila, à la tête du pays depuis 2001, de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat. La séance plénière consacrée à l’examen de ce texte adopté samedi par les députés s’est ouverte au Sénat alors que le Parlement restait sous haute protection policière. Comme la veille, la police bloquait un large périmètre autour du palais du Peuple, empêchant tout passage, mais les soldats déployés en masse dans la ville lundi n’étaient plus visibles.