La position des évêques catholiques sur la question de la révision de la loi fondamentale continue de susciter des réactions. La dernière en date est celle de la commission diocésaine “Justice et Paix ” du Diocèse d’Idiofa (Bandundu), qui a lancé une vaste campagne de sensibilisation et de soutien à l’action que mène la Conférence épiscopale de la RD Congo (Cenco) à travers ses programmes droits humains et réconciliation communautaire. Ces programmes couvrent les 45 paroisses qui composent le Diocèse d’Idiofa, vaste de 40.000 Km2, qui est à cheval entre les provinces du Bandundu et du Kasaï Occidental, rapporte un communiqué de presse de ce diocèse.

Me référant au Martyr de la Bienheureuse Sœur Marie Clémentine Anuarité Nengapeta, dont le jubilé d’or du martyr est célébré cette année et à celui de l’abbé Adolphe Lankwan, prêtre d’Idiofa, mort pendant la rébellion Muleliste pour la cause de l’alphabétisation des jeunes et l’éclosion intellectuelle du diocèse d’Idiofa, j’ai invité tous les prêtres, tous les jeunes et tous les hommes de bonne volonté à se joindre aux Évêques avec courage “, a déclaré l’abbé Jean-Pierre Ilamusese Mwamba, directeur de la commission diocésaine “Justice et Paix ” d’Idiofa et responsable du centre diocésain de la pastorale et de la catéchèse.
Il a, à cette occasion, expliqué aux responsables paroissiaux que son appel vise à ” faire échec à quiconque qui voudrait nous ramener à la case du départ “, réitère ce pasteur d’église dans le fief de Aubin Minaku. “La révision constitutionnelle, telle que pensée par les tenants de cette position, ne profiterait à personne et risquerait de nous faire marche arrière dans le processus démocratique et perturber la paix chèrement acquise “n a-t-il poursuivi.

Au cours de la même réunion, il a rappelé, à toutes les Commissions paroissiales Justice et Paix de la cité d’Idiofa, leur devoir d’intervenir partout où les droits de l’homme sont bafoués (droits patrimoniaux, surtout en ce qui concerne l’héritage des enfants et de l’épouse, les tracasseries administratives, les violences sexuelles, la corruption fiscale, les droits des prisonniers).

Nous leur avons aussi rappelé le devoir d’intervenir par des conseils et l’accompagnement de nombreux cas des sans voix, ignorant leurs droits et devoirs et maltraités. Nous leur avons aussi prié de s’adonner à la résolution pacifique de nombreux conflits (fonciers et parcellaires) qui se prévalent dans notre cité d’Idiofa, dans la vérité, la neutralité et la justice. Car il n’existe pas de paix sans vraie justice et vérité “, a-t-il ajouté.

Au cours d’une interview accordée à la Radio Télévision du Diocèse d’Idiofa portant sur le Messages des Évêques du 14 septembre 2014 et de juin 2014, l’Abbé Jean-Pierre Ilamusese Mwamba a déclaré : “Protégeons notre Nation, nous avons réaffirmé le soutien des fidèles catholiques de nos 45 paroisses au refus de la révision de l’article 220 de notre Constitution dit verrouillé et intangible “.

Le directeur de la commission diocésaine ” Justice et Paix ” d’Idiofa a indiqué que tous les participants ont également réaffirmé que les Évêques ont pleinement droit d’émettre un point de vue sur la marche politique du pays à double titre. Et d’expliquer, d’abord en tant que citoyens et, ensuite, comme et surtout prophètes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle du salut de Jésus-Christ et à dénoncer les antivaleurs, les injustices sociales. C’est justement dans ce contexte qu’il fallait justifier le fait qu’ils dénoncent un éventuel complot d’envergure qui se tramerait contre la Nation Congolaise, a-t-il soutenu.

Vigilance et patriotisme

Le Directeur de la Commission diocésaine “Justice et Paix ” d’Idiofa a invité tous les chrétiens catholiques à la vigilance et au patriotisme et rappelé que le territoire d’Idiofa ne mérite pas ce qu’il vit et connaît actuellement.

Cependant, a déploré l’abbé Ilamusese, le territoire d’Idiofa semble abandonné à son propre sort. Les jeunes eux-mêmes sont désœuvrés et pauvres. La population en général vit une situation de pauvreté qui frise la misère.

Le territoire et le diocèse d’Idiofa sont enclavés, car le tronçon allant de l’asphalte au carrefour 622, vers le chef lieu du territoire, est un casse-tête pour les véhicules. Ainsi, il a insisté sur le fait que, dans cette situation, Idiofa ne peut pas connaître de développement. La cité d’Idiofa, elle-même, est quasiment coupée dans ses ruelles par des flaques d’eau.

Dans tous les cas, M l’abbé est d’avis que le point de vue des Évêques ne vise personne, sinon l’intérêt général de tous les Congolais. Il se réfère et ne rappelle que des textes constitutionnels que le Constituant lui-même avait verrouillés en son temps pour échapper justement à toute tentative de manipulation.

Selon lui, la cause de la situation socio-économique actuelle des Congolais n’est pas en tout cas à situer chez les Évêques, parce que ceux-ci n’ont jamais tenu la Banque Centrale du Congo, ils n’ont jamais dirigé le ministère des Finances et ne sont même pas l’autorité budgétaire de la RDC. Et de marteler : ” Ils n’ont en tout cas aucune ambition politicienne, sinon le souci patriotique. Cette modification ne répond pas aussi à une urgence nationale, sinon qu’elle voudrait satisfaire à des appétits égoïstes”.

” C’est pourquoi j’ai convié les jeunes d’Idiofa à prendre conscience de cette situation afin de ne pas se laisser ni corrompre, ni manipuler par quiconque avec 1000 FC, 100 USD ou quoi que ce soit. Cet fond n’aidera jamais personne à survivre. Au contraire, dans un esprit nationaliste, tous, nous devons travailler pour le développement intégral et durable de tout Idiofa “, a-t-il estimé.

Le diocèse d’Idiofa, peuplé de plus d’un million de fidèles catholiques, couvre les territoires administratifs d’Idiofa, de Gungu, une partie de Bulungu dans le Bandundu et une partie du territoire d’Ilebo au Kasaï Occidental.

M.M./Forum des AS