Budget 2015 : Les 48 heures irrésistibles de Matata

Avant d’obtenir les moyens de sa politique pour l’année 2015, le Premier ministre devra répondre, ce mercredi 15 octobre, à 14 heures,  aux préoccupations exprimées par les Députés sur les options fondamentales ayant conduit à l’élaboration du projet de Budget 2015. Les Députés ont eu suffisamment du temps, hier lundi 13 octobre, pour passer au crible le projet de Budget 2015 et formuler des observations.

Aucune rubrique n’a échappé à la loupe des Députés, visiblement très bien informés sur les grandes options levées par l’équipe gouvernementale dans l’élaboration du Budget 2015. Le Premier ministre, faisant l’économie du projet de Budget, a mis en avant les chiffres. Environ 9 milliards de dollars américains, équilibre parfait en recettes comme en dépenses. Le taux de croissance annuel de l’économie estimée à plus de 8,5%.

Le taux d’inflation à moins de 2%.  Selon le Premier ministre, en effet, d’importants moyens financiers sont prévus pour réhabiliter et construire les infrastructures de base, consolider le cadre macroéconomique, créer des emplois, renforcer la diplomatie et la coopération de développement. De l’argent également pour financer la poursuite des réformes institutionnelles. Le Premier ministre a promis la construction des routes, des hôpitaux, des écoles jusqu’à ce que le pays atteigne l’émergence en 2030. Son Budget 2015, Matata l’a aussi conçu pour mettre en œuvre les résolutions de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba ainsi que les résolutions des Concertations nationales. Une fois son speech terminé, Matata est longuement resté assis à attendre que les Députés se succèdent à la tribune, qui pour savonner le projet de Budget, qui d’autre pour acenser l’action du cabinet Matata. Rien qu’à entendre les différentes interventions, deux camps se sont distingués. D’un côté, les Députés de la Majorité Présidentielle pour qui le projet de Budget 2015 est réaliste et doit être adopté tel quel ou moyennant quelques aménagements. Les Députés les plus en vue de la Majorité ont pris la parole pour proposer des petites retouches portant sur la façon d’augmenter les recettes de l’Etat. Certains ont suggéré la fusion de tous les services en charge de recouvrement des recettes. La multiplicité des services fait perdre beaucoup d’argent à l’Etat.

Les attributions de la DGRAD pourraient être gérées par la DGDA parce que, a-t-on appris, la DGRAD peine à réaliser ses assignations. D’autres ont souhaité que le Gouvernement de la République exploite le pétrole qu’il y a dans le lac Albert et ailleurs. D’autres recettes sont à rechercher dans le secteur minier où un coulage est décrié. D’où, cet appel en faveur de la lutte contre la fraude fiscale.

Par contre, de l’autre côté, dans le camp de l’Opposition, on n’a pas la même appréciation du projet de Budget 2015. L’on a critiqué la modicité des recettes propres. Environ 79% du Budget, le gap devant provenir des partenaires au développement. Certains Députés vedettes de l’Opposition ont cru bon de rejeter, le moment venu, le projet de Budget 2015. Parce que, semble-t-il, rien n’a changé depuis les trois précédentes sessions budgétaires. Comme qui dirait, le Premier ministre n’aurait pas tenu compte des recommandations formulées par le passé. Les Députés les plus sceptiques s’attaquent aux options fondamentales qui ont prévalu à l’élaboration du Budget 2015. On pense ici aux Députés qui avaient été avec la direction de la Fédération des Entreprises du Congo.  Ceux-ci, comme on s’y attendait, n’accordent pas la moindre chance de réussite à Matata et son Budget, pour avoir inversé les priorités. Il serait intéressant de commencer par s’attaquer aux causes lointaines de la faiblesse rencontrée dans la mobilisation des recettes. Plutôt que de perdre du temps en luttant contre les effets. Ainsi, pour réformer l’Administration, point n’est besoin de mettre la charrue  avant  le bœuf. Il faut, avant tout, deux lois. L’une portant sur l’organisation et le fonctionnement des services publics de l’Etat et, l’autre sur le nouveau statut de carrière des agents et fonctionnaires de l’Etat. Quoi qu’il en soit, le Premier ministre sera de retour à l’Assemblée Nationale, le mercredi 15 octobre prochain, à 14 heures,  pour apporter des réponses aux préoccupations des Députés.

avec La Prospérité Quotidien

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