Procès Mamadou Ndala : Une trêve stabilisante

Trois jours après l’ouverture du procès des présumés assassins du colonel Mamadou Moustapha Ndala, la cours suspend momentanément la procédure pour 72 heures. La disparation inopinée et quelque peu intelligemment machinée du témoin clé dans cette affaire a compromis tout avancement sérieux. La matière s’épuise, les haleines dessèchent, la vérité brûle à petit feu, on préfère se plier au temps.

Le décès du sergent Arsène Ndongala a remis la pendule à zéro dans le dossier qui oppose le ministère public aux présumés auteurs et témoins de l’assassinat du colonel FARDC Mamadou Ndala Moustapha. La cours et la défense semblent ne plus avoir de la matière à traiter. Le sergent Ndongala s’en allé avec l’autre morceau de la gomme. Dans le public, on lit désarroi et désintéressement nourri de sentiment d’éventuelles représailles.

Comme pour se reconfigurer, la cour militaire siégeant en chambre foraine à Beni, a suspendu depuis ce vendredi 03 octobre la comparution des prévenus et les dépositions des témoins retenus dans cette affaire qui retient l’attention du grand public Nord-Kivutien et RDCongolais, soucieux de voir tirées aux clairs les ombres qui planent sur la mort le 02 janvier 2014 par assassinat dévergondé de celui qui a su, débarrasser l’Est du pays de l’aventure militaire du Mouvement du 23 mars.

D’importants moments ont ponctué les premières dépositions et auditions de témoins, les trois premiers jours du procès. Si les révélations accablantes du sergent Arsène Ndongala n’ont pas pu empêche sa mort dans des circonstances peu orthodoxes et folkloriques dans les procès des assassinats des braves en RDC tel Laurent Désiré Kabila, Floribert Chebeya, etc., l’espoir peut à défaut s’orienter vers les témoignages de l’adjudant chef Safari Bangamwabo et du capitaine Banza, assistant du Mamadou Ndala. Les précisions du colonel Dieudonné Muhima, comparaissant en témoin dans ce procès, sur le risque courait la ville de Beni avant les opérations « SOKOLA » qui conduisait le colonel Mamadou contre les rebelles ougandais ADF/Nalu, avaient l’air de diversion que d’ovation. En effet, cet officier FARDC a dans ses propos cherché à faire croire que ce sont les rebelles ADF/Nalu qui auraient ôté la vie au colonel Mamadou et à deux de ses gardes du corps dans le but de compromettre la poursuite des opérations SOKOLA.

Adieu la vérité

Après les adieux à l’égard du sergent-major Arsène Ndambu Ndongale, témoin clé du procès Mamadou qui repose désormais avec toute sa vérité au cimetière de Masiani au Nord de la ville de Beni, le colonel Dieudonné Muhima a remué le couteau dans la plaie de l’assistance au procès. Selon ce commandant secteur opérationnel du Nord Kivu à Beni, « le mode opératoire et la tactique de l’embuscade ayant causé la mort du colonel Mamdou Ndala et deux de ses garde revient aux rebelles ougandais ADF/Nalu« . Ces propos ont failli susciter un tollé dans la foule qui croit à une machination hautement raisonné au sein des FARDC mêmes ou dans des instances politiciennes.

Et Muhima de préciser : « Les rebelles ougandais ADF/Nalu avaient déjà lancé une sorte de fatwa précisant les officiers FARDC à abattre, parmi lesquels figuraient Mamadou Ndala et les autres.« 

Dose de diversion

La poudre aux yeux, c’est cette contradiction faite par le colonel Mukendi, intervenant en swahili, sur des questions relatives à une somme d’argent que les colonels Mamadou Ndala et Muhima Dieudonné devrait se partager après vente d’une bonne quantité de carburant que détenait le défunt.

Alors qu’on entendait les comparutions de Mousa Demba Diallo de la Monusco et du colonel Birotso, la cour s’est appesantie sur des faits moins disant. Pour rappel, le premier avait été cité dans la première audience par feu le sergent Arsène Ndongala comme pouvant confirmer ses allégations et ayant passé près de trois quart d’heure au lieu du crime, tandis que le second aurait été avec Mamadou Ndala pour une opération financière, probablement celle de détournement d’une quantité de carburant des FARDC quelques heures avant l’attentat du 02 Janvier 2014.

La cour n’est pas revenu sur la qualité de l’arme du crime ; car, en croire le fond des dépositions de feu Arsène Ndongala dans la première audience, l’hypothèse d’une roquette n’est pas à prendre au sérieux. Les victimes auraient été abattues par des balles à moindres calibres et leur véhicule mis en feu pour dissimuler les traces et tripatouiller les enquêtes.

À qui tout cela profite ? C’est ce que devra toujours attendre la partie encore motivée de l’assistance. Mais en entendant, les audiences reprennent ce lundi 06 octobre.

Mc.-Héritier Kapitene

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