Démocratie vantée aux chefs d’Etat africains

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a vanté les valeurs démocratiques, lundi à Washington, au début d’un sommet entre les Etats-Unis et l’Afrique.

rès de 50 chefs d’Etat et de gouvernement africains sont présents pour cette réunion sans précédent, largement centrée sur l’économie. Pas moins de 35 présidents, neuf Premiers ministres et un roi, celui du Swaziland, dernière monarchie absolue d’Afrique, ont notamment fait le déplacement. Cette rencontre de trois jours se déroule alors que le continent fait face à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée.

Au premier jour des discussions, le vice-président américain Joe Biden a appelé les leaders africains à lutter contre «le cancer de la corruption». Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a insisté sur la nécessité d’«une société civile forte, le respect pour la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme».

Citant une nouvelle fois l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, John Kerry a affirmé que la plupart des peuples d’Afrique étaient favorables à une limitation à deux mandats pour leurs dirigeants. «Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques», a dit M. Kerry, sans désigner quelqu’un en particulier.

Présidents indéboulonnables

Il a rencontré dans la matinée le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila. Il lui avait déjà demandé directement, en mai en visite à Kinshasa, de respecter la limite à deux mandats imposée par la loi fondamentale congolaise, dans la perspective des élections de 2016.

Mais le secrétaire d’Etat n’a pas évoqué les cas de la Guinée équatoriale, du Rwanda, de l’Ouganda, de l’Angola ou du Cameroun et de leurs indéboulonnables présidents Teodoro Obiang Nguema, Paul Kagame, Yoweri Museveni, Eduardo dos Santos et Paul Biya.

«Liberté de la presse»

Le secrétaire d’Etat a également promis que les Etats-Unis continueraient à défendre «la liberté de la presse, y compris pour des journalistes poursuivis pour terrorisme ou emprisonnés pour des raisons arbitraires».

Une allusion peut-être au sort en Egypte de journalistes de la télévision Al-Jazeea condamnés à des peines de sept à dix ans de prison après avoir été déclarés coupables de soutenir les Frères musulmans. L’Ethiopie aussi a inculpé sept blogueurs et trois journalistes pour «terrorisme».

Groupes islamistes

Le nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ne s’est pas rendu à Washington, mais le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a fait le voyage. Les Etats-Unis et l’Ethiopie coopèrent pour la sécurité de la région, notamment en Somalie.

Le sommet est notamment centré sur coopération économique et sur la lutte contre les groupes armés islamistes. Précédemment, M. Obama avait déclaré que ce sommet serait l’occasion «de parler à l’Afrique des questions de sécurité».

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