Youssoupha, au nom du père !

Le 01 juin 2013, le fils prodige revient sur ses terres, le temps d’un concert qui s’inscrit déjà dans les annales de la riche musique congolaise.

Il s’en est passé des choses dans la carrière de Youssupha, depuis ce clip vidéo avec « Bil Clinton » dans « Ebebi’o », en compagnie de ses amis de  « Bana Kin ». Celui qui n’est autre que le fils du monument vivant de la musique congolaise, le « Seigneur »  Tabu Ley Rochereau, n’est plus le même, du moins en apparence.

Comme Lola Muana, le fils de Dido Yogo, ou encore Baby Nombe, celui de Ndombe Opetum, lui qui est né en août 1979  d’une union entre de son père et une … sénégalaise, n’aurait finalement pas arpenté le même chemin, ni la même musique que son père.

Après des timides débuts avec des Frères Lumières, un groupe qu’il avait monté avec deux amis, après plusieurs projets dont l’album Tendance du groupe Bana Kin (avec Sinistre Kozi Philo et Mic genie) et  un Street DVD (2005) : Éternel recommencement, Youssoupha Mabiki s’est frayé un chemin, loin de son « Zaîre » natal,.. en France.

C’est en 2007 que Youss explose. Après avoir fait les premières parties de plusieurs rappeurs américains renommés (50 Cent, Snoop Dogg, Busta Rhymes, Nas, Method Man, Lil Wayne, Eminem, DMX et Redman), il sort son premier album solo en mars sous le nom de « À chaque frère ». L’album comporte des featurings tels que Diam’s, Kool Shen, S’Pi & Mike Génie et il s’en est vendu 50 000 exemplaires. Cette même année, il intervient aussi comme professeur d’écriture dans l’émission de télé réalité musicale Popstars. Ca y est, il est lancé.

Après quelques problèmes juridiques contre le sulfureux Eric Zemmour, il se fera connaitre notamment pour son engagement pour la non-violence, précisant dans une interview au journal Le Parisien qu’il s’agit de le faire taire non par la force mais par des arguments : « Le faire taire, c’est le remettre en place… Les paroles ne parlent ni de meurtre, ni d’agressions, ni de blessures… Je n’ai ni l’envie de le faire tuer ni de le priver de sa liberté d’expression. Le faire taire, c’est le remettre en place, le mettre face à ses propres contradictions ». Affirmait-il, à propos de son différent avec M. Zemmour.
Le voilà donc en plein milieu du rap français, de la société française.

Il confirme son succès avec son deuxième album, dont le texte est encore essentiellement centré sur les problèmes socio-culturels en France,qui sort finalement le 12 octobre 2009 avec une version expurgée du titre polémique (où le nom de Zemmour est brouillé). L’artiste effectuera une tournée internationale juste après.

Ferme dans son engagement, Youssoupha  refusera en janvier 2012 l’offre de François Hollande qui lui proposerait de rapper pour sa campagne.

Mais l’artiste n’oubliera pas sitôt son « Zaïre » natal, le 23 janvier 2012, il sort Noir D**** et comptabilise 16142 ventes la première semaine, se plaçant en première position des ventes d’albums rap. Cet album sera aussi un grand retour aux sources, on y retrouve des collaborations avec Taipan, Corneille, S-Pi, Sam’s, Indila, LFDV et même son père Tabu Ley Rochereau, dont il sera vraisemblablement le dernier à chanter avec. Le morceau : « les disques de mon père » en est le tube qui le réconcilie avec son public Kinois.

Il a fallu donc attendre plus d’un a plus tard pour voir Youssoupha oser faire ce que tant d’artistes évoluant à l’étranger redoutent : jouer à Kinshasa.

Lui qui n’a rien à prouver tant au public Français que francophone, revient défier la capitale de la musique africaine. La capitale Ndombolo, celle-là même qui l’a toujours inspiré.

Au Grand Hôtel de Kinshasa, le 01 juin 2013, le fils, au nom du Père, scellera-t-il le mariage avec la terre de ses ancêtres ? Une chose est sûre, il y est attendu de pieds fermes.

Benjamin Litsani Choukran,
Direct.cd/ Ndombolozone.com

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