Salubrité publique à Kinshasa: l’incroyable chaos

Les dégâts connus dans notre pays à cause des maladies de "mains sales" ne sont plus à compter du doigt.

Les dégâts connus dans notre pays à cause des maladies de « mains sales » ne sont plus à compter de doigts. Des dizaines des milliers des congolais meurent au quotidien suite aux maladies infectieuses et à virus. Notamment Les malades à fièvre typhoïde, à virus EBOLA, le choléra,etc.

Toutes proviennent, à en croire les experts, de l’insalubrité de nos environnements proches entre autres. Pourtant à Kinshasa, l’autorité urbaine reste encore inactive face à ces habitudes gravement insalubres.

Nous sommes à Kinshasa, précisément dans la très mouvementée commune de Kalamu. Dans cette commune, précisément aux quartiers Kauka et Matonge, chaque parcelle presque a son bistrot. Et chaque bistrot a une toilette. Les défécations de ces bistrots ont une direction connue : les caniveaux.

Ces derniers étant dirigés vers la rivière naturelle Kalamu, comprennez la suite. Et ce n’est pas tout !

Il faut dire aussi que la plupart des habitants de cette commune ne recourent jamais aux services de vidangeurs professionnels. Pour se débarrasser du plein asphyxiant des fosses d’aisances, d’aucuns préfèrent creuser un trou dans un coin de leur concession et enterrer les matières fécales de trop.

D’autres par contre ont canalisé leurs fosses septiques vers les caniveaux. A la moindre petite pluie,les caniveaux se confondent aux dalles.

Une responsable de concession se confiant au micro de direct.cd affirme qu’il lui « arrive d’acheminer mes contenus de fosse septique vers les caniveaux » concede-t-elle d’un air gêné.

Elle explique cet acte par contre par » manque de moyen de pouvoir payer les services de vidangeurs professionnels qui se taxent au delà de 50$ » s’alarme-t-elle.

Un autre par contre confie que les dits services de vidangeurs professionnels sont eux même complices de ces actes. Papa Jean Ilunga, un autre bailleur qui habite le quartier Kauka 2 explique qu’il lui est arrivé de recourir aux services des différents vidangeurs professionnels de fosse septique. Il confie que » leurs engins n’aspirent que de l’eau pas la boue des cacas. La matière fécale qui reste est enfouie dans des sacs par les mêmes agents ( moyens un autre montant à payer) pour être évacué la nuit par le client lui-même.

Ce qui constitue pour papa Jean Ilunga, » un manque à gagner ». Il préfère donc » d’ouvrir généreusement sa dalle pendant la pluie , plutôt que de se faire escroquer par ces gens » se justifie-t-il d’un ton confiant.

Ces pratiques ne sont pas sans risques. Dans une ville comme Kinshasa où les marchés et les gargotes exposent des aliments à l’air libre, la propagation des maladies dites de « mains sales », est garantie. La maladie à virus EBOLA qui en est à près des 2000 milles victimes a vu le jour dans ces mêmes conditions de manque d’hygiène.

Malheureusement, après le tour fait dans le quartier Kauka 1 et 2, les avis sont latents mais les mêmes. La plupart des résidents de ces quartiers de demandent « Pourquoi dépenserions-nous plus de cent dollars au profit des entreprises de vidange mécanique alors que nous pouvons le faire nous-mêmes avec nos moyens limités ? », se défendent propriétaires et locataires inconscients.

D’où la nécessité pour les services de la santé publique de Kinshasa de comprendre la tâche qui est leur dans l’urgence de sensibilisation des populations contre ces habitudes dangereuses. Mieux vaut prévenir que guérir dit-on.

Moïse Dianyishayi

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