Kabila a semblé court-circuiter la démarche, mais la CENCO ne lâche pas prise !

Des indiscrétions indiquent que le Rassemblement aurait avancé des propositions qui plantent le décordes négociations directes et techniques entre cette plate-forme politique et la Majorité présidentielle. Il s’agit, entre autres, du principe de la cohabitation pendant la transition.

Entre le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement et la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), le pont n’a jamais été rompu. Loin de là. Même si le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a semblé court-circuiter la démarche des évêques en nommant, en vertu d’un pouvoir discrétionnaire, un nouveau Premier ministre, la Cenco n’a pas lâché prise. Les évêques tiennent à aller jusqu’au bout, c’est-à-dire réconcilier la Majorité au pouvoir et l’aile dure de l’Opposition, en l’occurrence le Rassemblement qui s’est formé autour d’Etienne Tshisekedi.

Dans les deux camps, il y a des signaux qui témoignent de la disponibilité de l’un et l’autre à se retrouver autour d’une table pour des négociations directes. Depuis jeudi, le «Rassemblement» a envoyé ses contre-propositions à la Conférence épiscopale nationale du Congo.

Selon des indiscrétions glanées dans les milieux proches des princes de l‘Eglise, le principe de la cohabitation pendant la période intérimaire spéciale est désormais acquise. Les modalités et les statuts du président du Rassemblement sont les sujets qui pourraient faire l’objet de négociations directes avec la Majorité présidentielle. Le Rassemblement a écouté la voix de la raison en mettant plus d’eau dans son vin avec des propositions constructives qui présagent d’un passage apaisé le 19 décembre. La balle est désormais dans le camp de la MP.

Les négociateurs du « Rassemblement» ont rendu la copie de leur regroupement aux évêques de la Cenco. Dans cette feuille de route à soumettre à l’autre partie, à savoir la majorité au pouvoir, le « Rassemblement » a fait d’importantes concessions, particulièrement l’acceptation avec le président Joseph Kabila et les siens pendant la période de transition qui conduira à des élections crédibles, apaisées et transparentes, sans la participation du président sortant Joseph Kabila. Avec cette réaction, le Rassemblement démontre qu’il se refuse de prendre en otage la nation congolaise.

Cette fois-ci, il est question de le réaffirmer clairement dans l’accord réaménagé que l’avenir politique du président sortant est au Sénat comme sénateur à vie. Ce principe se murmure, se déclame par des allusions suivies directement des bémols entretenant le flou dans les esprits tant des Congolais que des partenaires extérieurs accusés à tort ou à raison d’ingérence dans les affaires internes congolaises. Les évêques avaient également fait de la clarté sur cette question une condition essentielle pour qu’ils reviennent à la table des négociations du dialogue national politique inclusif de la cité de l’Unité africaine.

Pour des observateurs, la concession d’une cohabitation a comme équivalent l’acceptation d’inscrire dans l’accord global que le seul Congolais ayant exercé démocratiquement le pouvoir durant deux mandats ne briguera pas un troisième par respect du principe de l’alternance gravée dans la Constitution du 18 février 2016.

QUEL STATUT POUR ETIENNE TSHISEKEDI?

En deuxième lieu, il s’agira ainsi de déterminer les modalités de cette cohabitation en tenant compte des avancées déjà réalisées par le camp du dialogue face à l’impératif d’un passage pacifique de cette période cruciale où le président de la République perdra toute légitimité. Comme il se constate, le Rassemblement dans ce projet ne fait plus du départ de Joseph Kabila une exigence infranchissable. Ce regroupement se chargera d’expliquer à ceux qui ont cru au schéma précédent du départ par la rue ou par tant d’autres stratagèmes.

La deuxième préoccupation qui pourrait constituer un point important de prochains débats est e statut du président du Comité des sages du Rassemblement. Si le sort du chef de file de la MP semble réglé avant même les discussions, le râle qui sera dévolu à Etienne Tshisekedi devra être déterminé lors des discussions directes.

La Cenco est restée muette sur le sujet pour donner plus de chance d’aboutir à un consensus plus large. Mais tous les regards restent tournés vers l’abbé Donatien Nshole qui porte la voix de la Cenco. Il devient pénible pour les Congolais de vivre avec cette attente dans le ventre sans des assurances d’une sortie pacifique de la crise de même que la matérialisation de l’alternance politique démocratique.

Tous les partenaires le souhaitent et tous expriment le vœu de voir les protagonistes congolais accepter de parler paix. Les Etats-Unis, l’Union européenne se sont formellement inscrits dans ce schéma. Tous ne jurent que par la recherche d’un large consensus pour épargner la RDC d’une crise de grande ampleur qui pourrait s’étendre sur l’ensemble de la région des Grands Lacs. Et la communauté internationale est convaincue d’une chose le rapprochement Kabila – Tshisekedi pourra désamorcer la bombe qui présage d’une explosion aux conséquences incalculables.

Le POTENTIEL

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