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dimanche, janvier 19, 2020
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VIDEO. « J’ai vu la mort en face », témoigne l’une des Malawites des Malawites qui ont fuient l’Afrique du Sud

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« J’ai vu la mort en face », a témoigné l’une des Malawites de retour dans son pays après les émeutes xénophobes qui ont fait 7 morts en Afrique du Sud, alors que des centaines d’étrangers commencent à être rapatriés au Malawi, au Mozambique ou au Zimbabwe.

C’est dans une ambiance lourde que six autocars, après trois jours de voyage, ont fait leur entrée lundi soir dans le grand stade de Blantyre, la capitale économique du Malawi.

A bord, quelque 390 Malawites, jurant de ne jamais retourner dans un pays où ils gagnaient pourtant plutôt bien leur vie selon leurs critères.

« Nous aurions pu être tués car ces Sud-Africains chassaient les étrangers de maison en maison », a raconté à l’AFP Agnes Salanje, qui était domestique à Durban (est), le grand port où les violences ont éclaté il y a quinze jours.

Son travail en Afrique du Sud lui rapportait l’équivalent de 200 dollars par mois, un bon salaire pour le Malawi où un fonctionnaire gagne dans les 100 dollars et un agriculteur deux fois moins.

Portant sa fille d’un an, Agnes se dit heureuse d’être rentrée au pays après avoir « vu la mort en face ». Prévenue par un voisin, elle s’est réfugiée dans une mosquée.

« Je ne retournerai pas (en Afrique du Sud). C’est mieux d’être pauvre que d’être pourchassé comme du gibier parce que vous êtes étranger », soupire-t-elle, espérant que son mari mozambicain, qui a fui dans son pays, pourra la rejoindre.

Chisomo Makiyi travaillait dans une usine textile. Elle n’a toujours pas compris pourquoi ses voisins sud-africains s’en sont soudain pris aux étrangers.

« Je pourrais ne plus être là si je ne m’étais pas enfuie. Je ne sais pas pourquoi tout d’un coup ils ont commencé à haïr les étrangers en ne leur laissant que deux choix: être tués ou rentrer chez eux », confie-t-elle.

Et tant pis pour « le bon salaire de 280 dollars, qui ici serait un rêve ».

« Il n’y a pas d’emplois au Malawi et c’est pourquoi tout le monde rêve d’aller en Afrique du Sud où vous êtes sûr de trouver un peu de travail quelque part », observe Yusuf Amidu, un soudeur qui se surprend à parler encore au présent.

Les autorités locales affirment que quelque 3.200 personnes ont demandé à rentrer au pays.

« C’est le souhait du gouvernement de rapatrier tous les autres qui ont été touchés », a déclaré le ministre de l’Intérieur du Malawi, Atupele Muluzi.

– Déploiement de l’armée –

Il y aurait en Afrique du Sud plusieurs centaines de milliers de Malawites, travaillant d’abord dans les mines, puis depuis la fin de l’apartheid il y a vingt ans comme domestiques, nourrices, jardiniers, tailleurs, agents de nettoyage, mécaniciens, etc.

Et on leur reproche souvent de voler le travail des Sud-Africains dont le quart est au chômage, quand bien même il s’agit d?emplois non qualifiés et sous-payés.

Les Zimbabwéens –qui ont quitté leur pays pendant la crise des années 2000– sont encore plus nombreux en Afrique du Sud, et un premier contingent de 406 réfugiés est arrivé lundi soir à la frontière. Avec la même détresse, et seulement quelques bagages à main.

« Ils seront contrôlés pour voir si ce sont de vrais Zimbabwéens, et nous allons affréter des bus pour les ramener chez eux », a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, Joey Bimha. « Quand nous aurons fini ceux de Durban, nous évacuerons ceux de Johannesburg ».

L’AFP a recueilli des témoignages similaires au Mozambique, où les premiers réfugiés sont rentrés vendredi.

Les violences xénophobes qui ont secoué ces quinze derniers jours les agglomérations de Durban et de Johannesburg ont fait officiellement sept morts –sans doute plus– et des milliers de déplacés.

Si aucun incident sérieux n’avait été signalé depuis le meurtre d’un Mozambicain dans le township d’Alexandra, à Johannesburg, samedi, un couple de Zimbabwéens y a été attaqué dans la nuit, a rapporté mardi la ministre sud-africaine de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula.

Elle a annoncé le déploiement de l’armée à Alexandra, et partout où cela serait nécessaire pour rétablir l’ordre. Des soldats seront également dépêchés aux frontières.

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